Unsa Territoriaux 67

Crise sociale : le Gouvernement doit entendre les revendications et agir !

5 nov
A l’occasion de sa rencontre avec le Premier ministre, l’UNSA a réaffirmé sa profonde inquiétude face à la dégradation du climat social. Depuis des mois, les alertes et les mobilisations se multiplient, sans que des réponses concrètes soient apportées aux revendications des jeunes, des salariés, des agents publics et des retraités.

L’UNSA rappelle qu’un apaisement durable du climat social passe nécessairement par l’écoute, le dialogue et des réponses concrètes aux revendications. Face à la montée des mécontentements, le Gouvernement doit prendre la mesure de la situation et agir sans attendre.

La jeunesse doit être entendue et des perspectives doivent lui être offertes. Les mobilisations des lycéens et des étudiants traduisent un profond malaise et une inquiétude grandissante face à l’avenir. Pour y répondre, l’UNSA demande un plan ambitieux de rénovation des établissements scolaires et universitaires, des recrutements d’enseignants et de personnels de vie scolaire, ainsi qu’une remise à plat de Parcoursup.

Les projets de budgets pour 2027 doivent être profondément revus. Il n’est pas acceptable de faire porter l’essentiel des efforts sur les malades, les familles, les retraités et les plus précaires. Le gel des APL, les économies envisagées sur l’allocation de rentrée scolaire et l’augmentation des restes à charge en santé doivent être abandonnées. D’autres choix budgétaires sont possibles.

La justice fiscale et sociale doit être au cœur de ces choix. Alors que plus de 13 000 foyers parmi les plus fortunés de notre pays ne paient pas d’impôt sur le revenu, l’UNSA demande une véritable réforme fiscale afin de faire contribuer davantage les plus hauts revenus et les plus grandes fortunes à l’effort collectif. Il est temps de répartir plus équitablement les efforts plutôt que de les faire peser toujours sur les mêmes. Les entreprises doivent également prendre leur part. Pour l’UNSA, les aides publiques et les exonérations de cotisations sociales doivent être conditionnées à des engagements concrets et vérifiables en matière d’emploi, d’augmentation des salaires et de transition écologique.

Le pouvoir d’achat doit également devenir une priorité. L’UNSA demande une revalorisation du point d’indice dans la fonction publique, un coup de pouce au SMIC et l’ouverture de véritables négociations salariales dans les branches professionnelles. Aujourd’hui, plus de 800 000 agents publics relèvent de grilles indiciaires dont les premiers échelons sont inférieurs au SMIC. Une situation qui illustre l’urgence de revoir les grilles de rémunération dans la fonction publique. Si le Gouvernement souhaite que les employeurs revalorisent les salaires et révisent leurs grilles salariales, il doit commencer par montrer l’exemple en tant qu’employeur public. Il doit également mettre le patronat face à ses responsabilités afin que les entreprises s’engagent réellement en faveur de l’amélioration des salaires et des conditions de travail.

Dans le même temps, les services publics doivent être renforcés pour répondre aux besoins de la population et garantir l’égalité d’accès aux droits sur l’ensemble du territoire.

Le dialogue social doit désormais produire des résultats. Les réunions et les concertations ne peuvent se succéder sans déboucher sur des engagements précis. L’UNSA attend du Gouvernement des mesures immédiates et l’ouverture de véritables négociations sur les salaires, les conditions de travail, les services publics et la justice fiscale et sociale.

Face à ces revendications, le Premier ministre a annoncé plusieurs rendez-vous. Une réunion avec les acteurs du monde de l’éducation doit se tenir lundi prochain. Pour l’UNSA, il est indispensable que cette réunion soit avancée avant la fin de semaine. Des concertations sont également prévues dans les prochains jours avec le ministre du Travail pour aborder notamment la question du SMIC, les négociations annuelles sur les salaires dans les branches et les entreprises, ainsi que la conditionnalité des aides publiques aux entreprises.

L’UNSA ne cache pas sa déception à l’issue de cette rencontre. Si l’ouverture de discussions est nécessaire, nous attendions du Gouvernement des mesures immédiates et des engagements concrets pour répondre à l’urgence sociale. Or, à ce stade, les annonces se limitent essentiellement à de nouvelles réunions et concertations. Face à la profondeur de la crise sociale, cela ne peut suffire. Les jeunes, les salariés, les agents publics, les retraités ont besoin de réponses maintenant, pas de nouvelles promesses.

Dans ce contexte, l’UNSA confirme son appel à la mobilisation du 5 novembre pour défendre les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics et une plus grande justice fiscale et sociale. Il est encore temps d’apaiser la situation sociale. Mais pour cela, le Gouvernement doit désormais passer des paroles aux actes.

Une mobilisation forte et des violences inacceptables

Bagnolet, le 19 octobre 2026

Ces dernières semaines ont été marquées par une mobilisation de très grande ampleur.

Plusieurs centaines de milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, lycéens, étudiants, travailleurs, retraités, citoyens se sont mobilisés massivement, très souvent dans le calme, parfois dans la joie. Depuis quelque temps on sentait la société française et particulièrement les travailleurs animés d’une colère sourde, profonde. Elle est devenue explosive.

Les revendications portées, celles des lycéens et des étudiants comme celle autour du pouvoir d’achat, sont le signe d’une forte inquiétude dans l’avenir. Pour l’heure, les pouvoirs publics, le gouvernement, jusqu’au président même, ne sont pas à la hauteur.

Et pourtant, il y a urgence.

La journée du 17 octobre a été le prétexte, hélas, à un déferlement de violence incroyable. Une minorité de personnes, par leurs actes intolérables, ont dénaturé cette journée. Elles ne peuvent pas prendre en otage les revendications légitimes portées à cette occasion.

L’UNSA condamne toutes les formes de violence et apporte son soutien à tous les agents publics : pompiers, policiers, agents territoriaux ou des administrations… qui font face à des violences inouïes et aux salariés privés de leur travail en raison des pillages et destructions.

La crise sociale est profonde, elle est nourrie par une forme de cécité et de surdité des autorités face notamment aux questions des salaires et de pouvoir d’achat tant dans la fonction publique que dans le secteur privé.

L’UNSA attend des réponses face aux immenses attentes sociales, le gouvernement doit agir et agir vite pour répondre à cette crise.

L’intersyndicale a fixé au 5 novembre prochain une nouvelle journée de grève et de manifestations. Les casseurs et les pilleurs ne doivent pas voler l’expression et les revendications des jeunes, des travailleurs et des retraités. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de prévenir cette situation en utilisant les armes du droit pour empêcher les casseurs de troubler l’ordre public.

Cette journée prend une dimension nouvelle, elle sera l’occasion tous ensemble et pacifiquement d’exiger des réponses des employeurs comme du gouvernement à la hauteur de la situation.

L’UNSA reste déterminée à porter ses revendications de justice sociale et sera toujours là pour défendre l’État de droit, la démocratie et la République.

Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA

 


 

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LE CANARD DES TERRITORIAUX - 2026

Canard n6 - 2026

Dans ce numéro :

MOBILISATION POUR LA REVALORISATION DU POINT D’INDICE !

INFOS & ACTUS

  • Rupture conventionnelle : à retenir 
  • Remboursement intégral en cas de CITIS : C’est un droit !
  • Congés maladie : contrôles renforcés au 1er sep 2026
  • Changement pour les ASA

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5 nov

Date de dernière mise à jour : 2026-10-26